
Plonger dans les souterrains de nos mémoires collectives, dans l’obscurité où se cachent les monstres, oser descendre ensemble comme on se tient la main pour traverser les forêts nocturnes, marcher aux côtés de celles et ceux qui ont vécu les génocides dans leurs chairs, avec la conscience que jamais aucun-e de nous ne pourra connaître la réalité de ce qu’elles ont traversé, marcher à côté, au moins pour écouter, accueillir, reconnaître, poser un regard sur le vécu sans déni ni fuite, sans échappatoire, rester là malgré l’horreur, faire face, ne pas détourner le regard – même si tout en soi voudrait accompagner l’autruche dans son trou et laisser l’horreur se déverser en deçà, en dehors de notre regard – cette fois garder les yeux ouverts sans ciller, jusque dans les profondeurs avec l’espoir de remonter les pierres précieuses avec lesquelles nous pourrons transmuter l’horreur et reconstruire des espaces communs où la merveille peut encore trouver place, où nous nous rappelons à la profondeur de notre humanité.