Comme une envie d’appuyer sur la touche pause.
Offrir un temps de suspension au monde.
Prendre de la hauteur, emprunter l’œil de l’aigle.
Ne plus nourrir la fuite collective en avant, qui court en tout sens comme un canard à qui on aurait coupé la tête. S’asseoir, écouter, ressentir, se reposer comme Markandeya dans le ventre du divin bébé. Marcher quelques décennies dans les grandes forêts primaires et ressortir ressourcée, prête à participer à la construction d’un monde plus juste.
Allez viens, on s’y met ensemble?
Ne plus avoir d’autre urgence que celle de ralentir.
Tu sens? Quand on ralentit, on gagne du temps.
Je vois les enfants, les ados, les jeunes adultes regarder les traces que nous avons laissées sur le monde durant ces derniers millénaires, depuis que le mot civilisation est venu changer notre rapport aux arbres, à l’air, à l’eau. Je les vois prendre à bras le corps les enjeux d’aujourd’hui, les mots ancrés dans les mains, les rêves accrochés au cœur. Elles marchent leur parole, ils pensent leur monde.
Alors je souffle dans leurs voiles tendues, je verse de l’eau dans leur jardin, je leur offre mes bras.
Et je me met à l’affût de tout lieu où les humains font le choix de s’asseoir ensemble,
prêt.e.s à écouter les invitations à pacifier leur rapport aux arbres, à l’air, à l’eau, à l’humain.
Comme le chantent The Bengsons : Hope is not a feeling, hope is an action.
Stéfanie
Crédit photo : Stéfanie James – Exposition Pop Air – Paris Villette
