Les jours s’égrainent depuis l’équinoxe.
Après l’équilibre entre le jour et la nuit,
glisser dans le déséquilibre qui nous pousse à avancer au rythme du temps.
Les rouges flamboient au bord des routes,
les pieds rougeoient à faire la route sans fin vers l’Eden
les sorcières trient leurs graines : je garde, je jette, je sème
on ne les brûle plus que du bout de la langue
le rouge queue prépare son nid dans le trou du mur en face de ma fenêtre,
pendant que je discute avec Mirabelle, 6 ans :
S. – qu’est-ce que tu aimes chez ce garçon?
M. – je ne sais pas. L’amour, il me prend, ce n’est pas moi qui prend l’amour.
Le monde tourne vite, vite, toujours plus vite,
mais les enfants roulent toujours leurs billes d’émerveillement dans la lenteur de l’instant.
Si je demande à Mirabelle si cela s’équilibre, me répondra-t-elle :
– Je ne sais pas. L’émerveillement, il me prend, ce n’est pas moi qui prend l’émerveillement?
Stéfanie
Peinture : Anwar Abdoullaev
