On la nomme savamment Hélichryse italienne et communément Immortelle.
Les botanistes disent que c’est la plus évoluée du règne végétal.
Elle ne court pas les rues, elle pousse à l’état sauvage, et puise sa force vitale dans l’air des montagnes qu’elle habite.
Vous l’avez certainement croisée, parfois sans la voir.
Elle n’est pas tape à l’œil, mais son parfum porte toute sa puissance.
Certains disent qu’elle est à la hauteur de sa rareté.
C’est une compagne précieuse, discrète et silencieuse.
De quelques gouttes essentielles, elle stimule l’humeur créative, apporte la clairvoyance nécessaire à l’action,
fluidifie le sang, apaise les bleus et les bosses, favorise la cicatrisation.
De l’or végétal.
Un or sans apparat.
Un or qui ne rend pas fou et s’offre en bouquet.
Aux confins de sa quête pour l’immortalité, c’est peut-être cette plante que Gilgamesh a remonté du fond de la mer, il y a 5000 ans? Ce sont peut-être les grains d’or de cette immortelle primordiale que le serpent a avalé à la fin de l’histoire, et qui lui ont offert cette jeunesse renouvelée à chaque nouvelle peau?
Ses graines s’étaient alors semées en toute liberté, de la Mésopotamie antique jusqu’à nos terres, traversant les mers et les passes des montagnes sans risquer la mort, à cheval sur les vents solidaires.
La Terre d’ici, comme d’ailleurs, leur avait offert son humus, dans la joie de l’accueil et le sens du don qui la caractérise.
C’était il y a longtemps.
Mais peut-être qu’en déposant sous sa langue, quelques gouttes d’Hélichryse italienne,
l’humanité enlèvera sa vieille peau et que dans sa peau enfantine,
elle se souviendra que la Terre est merveille.
Alors, chacun de ses pas se fera caresse, gambadant joyeusement dans sa peau de mortel.
Je nous souhaite un bouquet d’immortelles.
Stéfanie
Crédit photo : Stéfanie James. Bouquet d’immortelles
