S’émerveiller devant les hérons s’étirant au creux de leur nid perché à la cime des arbres,
comme des perles immaculées ponctuant les forêts hivernales,
en revisitant la traversée de C’est pour cette nuit.
Se réjouir de cette harde de jeunes chevreuils offrant leurs blanches fesses,
suivre l’écureuil qui saute de branche en branche, guetter les surprises du chemin.
Découvrir la queue cunéiforme du gypaète, le perdre sur fond de roche, et retrouver son ombre,
remonter le temps en posant l’œil dans la lunette télescopique,
imaginer le barbu tracer dans l’argile rouge des signes avec sa queue, pour offrir sa plume à Gilgamesh.
Reconnaître la couleur de l’aube En amour dans le quotidien des réveils matinaux,
et se rappeler que l’art nous offre le décalage qui nous permet de revenir regarder le monde autrement.
Écouter les contes émouvantés par les mots des enfants, savourer leurs trouvailles de rythme, l’œil espiègle donné à tel personnage, le délice de leur joie à dire.
M’asseoir dans l’herbe tendre des contes avec eux.
Voir surgir de ma boîte à souvenirs les mots de Simon Gassibirege racontant la résilience communautaire du Rwanda :
« Quand on a traversé le traumatisme, il est bon de se rassembler pour danser et chanter, laisser les corps vivre l’émotion ensemble.
Après les cercles de santé mentale communautaire et la justice restaurative communautaire, raccommoder notre tissu humain par les cercles récréatifs : danser, chanter, conter.
Construire nos communautés résilientes. S’émerveiller. »
Stéfanie
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L’HERBE TENDRE
D’avoir vécu le cul Dans l’herbe tendre
Et d’avoir su m’étendre
Quand j’étais amoureux
J’aurais vécu obscur
Et sans esclandre
En gardant le cœur tendre
Le long des jours heureux
Pour faire des vieux os
Faut y aller mollo
Pas abuser de rien pour aller loin
Pas se casser le cul
Savoir se fendre
De quelques baisers tendres
Sous un coin de ciel bleu
Serge Gainsbourg
Tableau de Anwar Abdoullaev
